Celui avec un lieu utopique et des potagers

Can Masdeu potager

Can MasdeuBarcelone est pour vous un vaste territoire de magasins à la mode et de soirées branchées ? Mais Barcelone, c’est aussi une ville très créative, diversifiée et intéressée par l’alternatif. Visite donc dans une « communauté utopique », sur les hauteurs de Barcelone : Can Masdeu.

plan can masdeu

Histoire de cette communauté

Can Masdeu potager

C’est un peu l’équivalent barcelonais de Christiana, à Copenhague (en plus petit et plus récent).
Née en 2001, un groupe d’activiste cherchait un endroit à occuper, un squat. Ils trouvèrent alors Can Masdeu, une ancienne léproserie abandonnée depuis 1958. Elle appartenait toujours aux pouvoir publics quand ils en prirent possession. Environ vingt squatteurs commencèrent à la rénover, retaper le toit effondré et installer un système de récupération d’eau de pluie. Mais ce qui les a fait connaître, c’est l’arrivée d’une centaine de policiers  en 2002, venu dans le but de les expulser. La résistance s’était organisée : après avoir installé des barricades, 11 squatteurs se perchèrent sur des planches en bois sortant des fenêtres.

Face à cette résistance non violente les policiers ne peuvent rien faire : les déloger de force serait bien trop dangereux. 3 jours après, l’ordre d’expulsion est annulé.
Depuis, la communauté a tissé des liens avec ses voisins, et ils viennent maintenant régulièrement cultiver des potagers  en contrebas de Can Masdeu. Les potagers sont très bien entretenus et on y sent un réel attachement : des fils de laines colorés pour accrocher les bordures et des petites peluches pour faire fuir les oiseaux.

Je peux aller visiter ?

Can Masdeu potager

Les potagers sont très bien entretenus et on y sens un réel attachement : des fils de laines colorés pour accrocher les bordures et des petites peluches pour faire fuir les oiseaux.

Bien que le squat soit à Barcelone, on a peine à y croire en y arrivant : une zone naturelle, dans la montagne, entourée de verdure. Il ne m’a fallu que quelques arrêts de métro et quelques minutes de marche pour y arriver. Quasi tous les dimanches des activités s’organisent autour de l’écologie, l’activisme et l’autogestion. Le jeudi matin, Can Masdeu est aussi ouvert au public pour recevoir de l’aide sur ses potagers communautaires (les plus grands de Barcelone) en échange d’un repas . Précision par contre : Can Masdeu est ouvert aux visiteurs de jours mais n’est pas un hôtel.

Comment vivent-ils ?

Pouvoir de la carotte

Environ 24 personnes y vivent (adultes et enfants), avec un turnover très faible comparé à d’autres communauté. Ils n’accueillent plus de nouveaux membres. Ils paient tous 45 euros par mois pour toutes les dépenses et doivent aussi travailler 30-48h par mois pour la communauté (jardinage, jour de repas…)
Toutes les deux semaines une assemblée réunit ses habitants. Ils prennent leurs décisions par consensus (l’idéal étant en quelque sorte que personne n’ait exactement ce qu’il veut mais que tout le monde ait un peu de ce qu’il souhaite.) Ils n’ont pas de leader, respectent l’autorité justifiée mais sont contre la hiérarchie. Il existe un référent pour chaque thème (jardin, centre social…) Pour ressouder la communauté, chaque année, ils se réunissent 3 jours pour aborder les problèmes les plus épineux.
Environ 50% de leurs aliments viennent de leurs productions. Ils partagent les repas (souvent sans gluten et végétarien).
Pas de pratique spirituelle commune. La plupart sont athés ou agnostiques, un est bouddhiste.  Les enfants sont éduqués à l’extérieur de la propriété.

Les okupas ?

Fontaine Agua PotableCan Masdeu est un mouvement d’okupas. Késaco ? En réponse à la situation immobilière en Espagne (loyers très cher à Barcelone et beaucoup de bâtiments inoccupés), des gens ont commencé à « occuper » des lieux abandonnés. Ce qu’on appelle en France « squat » est ici un mouvement de résistance et de revendication, en plus d’être une possibilité de survie. « Okupé », « okupas »… la lettre « k » n’est normalement pas utilisée dans la langue espagnole mais on peut la voir beaucoup à Barcelone : elle symbolise tout ce qui est alternatif. Certains squats sont très visibles car organisant aussi des activités, des débats, des films… La plupart peuvent être remarqués par leurs peintures sur les murs.  Vous rappelez vous ainsi le bâtiment peut être entraperçu du haut du Park (ici le « k » est un simple snobisme) Güell ? [Voir le film « Squat, la ville est à nous » qui se passe à Barcelone.] Ces mouvements sont le plus souvent anarchiste et orienté vers l’autogestion, l’activisme, l’écologie et à l’autosuffisance.

Ps : comme d’habitude, à part une exception notée, les photos sont de moi, merci d’insérer un lien vers ce site si vous les piochez.

Site officiel

Plus sur les communautés utopistes

 

4 réflexions sur “Celui avec un lieu utopique et des potagers

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  2. Pingback: Celui où on fouille les poubelles de Barcelone – The one where we rummage through Barcelona’s garbage cans | Barcelone EXperimental

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